Une nouvelle approche et de nouveaux objectifs pour la formation professionnelle
La commission de formation professionnelle du Conseil supérieur de l’Ordre gère trois pôles principaux : la formation initiale, la formation continue, le stage d’expertise comptable. L’attractivité de la profession est une préoccupation transversale.
L’étendue des sujets est donc extrêmement vaste et variée. Ces sujets sont techniques et pédagogiques dans leur contenu mais aussi politiques car ils concernent l’accès à la profession, le développement professionnel des collaborateurs et la reconnaissance des compétences des professionnels. Une réponse unique ne peut donc pas être apportée et plusieurs stades doivent être distingués dans le cursus professionnel.
Futurs collaborateurs et collaborateurs confirmés
Les assistants Ă bac + 2
Il n’y a pas à priori de pénurie, mais la profession doit travailler sur son image, être présente sur le terrain, multiplier les rencontres avec les enseignants et les conseillers d’orientation. La difficulté se situe plutôt sur la plus ou moins grande faculté d’adaptation des jeunes assistants dans l’environnement du cabinet.
Les collaborateurs confirmés
La difficulté tient souvent à leur cursus de formation. Le niveau bac + 3, DCG, licence « générale », apporte un niveau de savoirs assez peu opérationnels pour un exercice professionnel immédiat. Une réponse peut être apportée par les licences professionnelles qui supposent une pédagogie orientée vers la pratique professionnelle assurée par des consoeurs et confrères privilégiant l’alternance. Un projet est en cours conduit par l’Enseignement supérieur avec la collaboration des représentants de la profession pour mettre en place huit licences Pro dédiées aux « Métiers de la comptabilité».
Nous devrons ensuite offrir aux collaborateurs issus de ces L3 Pro la possibilité d’accéder à des formations qualifiantes au sein de la profession. Les parcours actuellement proposés par le CFPC et les IRF sont sanctionnés par une évaluation des connaissances et la remise d’un certificat interne qui constitue toujours une distinction valorisante pour le collaborateur. Si cette voie devait se confirmer, le Conseil supérieur devra impulser un développement de ces formations qualifiantes et une promotion active auprès des conseils régionaux.
Accès au stage
Le niveau requis est le master. De nombreuses universités proposent des filières dédiées « Comptabilité Contrôle Audit » (CCA) dans le prolongement des anciennes MSTCF jusqu’à bac + 5. Une majorité d’étudiants issus de ces masters CCA semble privilégier le cabinet d’audit ou les services d’audit des grandes entreprises.
Ce constat (à confirmer) doit pouvoir être infléchi. Cela suppose un engagement de la profession et des responsables des filières pour favoriser les rencontres avec les étudiants afin de présenter la diversité des métiers de l’expertise comptable, du conseil et de l’audit. Toutes suggestions sont les bienvenues.
Accueil des stagiaires et des nouveaux diplômés
Les premiers pas des jeunes professionnels en qualité de stagiaires sont déterminants de l’appréciation qu’ils porteront sur notre profession et de l’intérêt de poursuivre un cursus visant l’installation. Maîtres de stage, élus, permanents concernés, devons avoir conscience que nous accueillons des futurs professionnels et non pas de simples collaborateurs. Cela doit se traduire dans le plan de formation et le plan de progression du stagiaire au sein du cabinet et par des mesures d’accompagnement.
Pour les nouveaux diplômés, se pose le problème de l’installation. Il conviendrait d’instituer des règles d’accompagnement et de tutorat ciblé (un senior identifié est présenté au professionnel qui prête serment) et de concevoir une « charte de collaboration libérale » permettant d’organiser et de sécuriser la sous-traitance de mission des seniors vers les juniors.
Proposer aux professionnels des certificats de spécialités
L’actualisation des connaissances et l’accès à de nouveaux savoirs, mêmes conduits à un rythme soutenu, ne peuvent apporter la satisfaction d’une formation spécialisée et diplômante. Plusieurs conseils régionaux ont développé des partenariats avec des établissements d’enseignement pour favoriser l’accès à des formations de 3ème cycle (voir rubrique 3ème cycles et masters du catalogue). Il faut encourager ces filières pour les professionnels qui souhaitent accéder à un certificat de spécialité, un master ou un diplôme d’université.